Messages du Provincial


Scolastiques Maison Yves Plumey Yaoundé


8 septembre 2013: Homélie Renouvellement vœux Maison Yves Plumey

(XXIIIe Dimanche Ordinaire – Année C - Sagesse 9, 13-18 ; Philémon 9b…17 ; Luc 14, 25-33)

Père Raymond NANI, OMI

Raymond NaniDans la 1ère lecture, une question nous vient d’un coup à l’esprit : Qu’est-ce la sagesse selon le sens biblique? La Sagesse, au sens biblique, c'est la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux (cf. l’arbre de la connaissance dans le livre de la genèse), l'art de vivre en quelque sorte (Cf. Salomon).

Le texte du livre de la sagesse nous livre deux messages pour notre vie chrétienne et de religieux :
Une leçon d'humilité. Isaïe avait déjà dit quelque chose du même genre que ce que nous venons de lire. Je cite : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, dit Dieu... Mes chemins ne sont pas vos chemins » (Is 55, 8). Bien qu’il dise la même chose, il y a que le style qui diffère car le livre de la Sagesse est écrit bien longtemps après le prophète Isaïe: « Quel homme peut découvrir les pensées de Dieu ?... Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » Il faut reconnaître humblement que nous n'avons pas la moindre idée de ce que Dieu pense ! En dehors de ce qu'il nous a dit par la bouche de ses prophètes, on croit entendre ici comme un écho du livre de Job : « La Sagesse, où la trouver ? Où réside l'intelligence ? On en ignore le prix chez les hommes et elle ne se trouve pas au pays des vivants... (mais) Dieu en a discerné le chemin, il a su, lui, où elle réside. » (Jb 28, 12. 23).

Pour mieux vous situer, il faut savoir que le livre de la Sagesse a été écrit à Alexandrie qui à l'époque, était la capitale de l'intelligence ! Les disciplines scientifiques et philosophiques y étaient très développées et la bibliothèque d'Alexandrie est restée célèbre. Vous aussi en donnant aux études philosophiques et théologiques, n’oubliez jamais l’essentiel. N’oubliez jamais que la vraie sagesse alors la vraie c’est la recherche de Dieu qui illumine nos cœurs et vous aide à connaître et à donner un réel sens à votre vie. Que cette lecture murmure toujours en vous les limites du savoir humain pour que Dieu prenne réellement place dans vos cœurs.

C’est cette même sagesse qui nous conduit à être bienveillants envers nos frères. C’est ce que nous révèle l’extrait de la lettre de Paul aux Colossiens que nous venons d’entendre. Lettre qui est adressée par Paul en prison à UN Colossien répondant au nom de Philémon. Il est chrétien et reçoit de Paul une lettre personnelle, pleine de diplomatie, sur un sujet très délicat. Ce Philémon avait probablement plusieurs esclaves bien que l'histoire ne le dit pas ; mais il en avait un, du nom d'Onésime. Un beau jour, Onésime s'est enfui de chez son maître : ce qui était totalement interdit en droit romain. Parce qu’un esclave appartenait à son maître comme un objet ; il ne pouvait disposer de lui-même, et la fuite même était sévèrement châtiée.

Au cours de son abandon à sa charge quotidienne, Onésime a rencontré Paul, il s'est converti au Christianisme et s'est mis au service de Paul. Cependant, la situation est très délicate : si Paul garde Onésime auprès de lui, il se fait le complice de son abandon de poste (s’il fallait châtier au Cameroun tous ceux qui abandonnent leur poste pour d’autres affaires personnelles lésant l’intérêt général, peu de personnes échapperont).

C’est la raison pour laquelle, Paul renvoie Onésime à son maître, pas les mains vides mais muni d'une lettre de demande de pardon. Et Paul doit aussi chercher voies et moyens pour convaincre Philémon. Il dira par exemple: « Moi qui suis un vieil homme en prison, j'ai quelque chose à te demander »... mais il précise aussi bien que la décision finale revient à Philémon : « Je te renvoie Onésime, je l'aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu'il me rende des services en ton nom... mais je n'ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses librement ce qui est bien, sans y être plus ou moins forcé. » Est-ce que je sais plaider pour le bien des autres ? Paul affirme qu'il ne veut pas forcer la main de Philémon, mais sachant ce qu'il veut obtenir : il commence par demander à Philémon de pardonner son ancien esclave ; ce qui est une véritable conversion car désormais, Onésime étant baptisé, il devient un frère pour son ancien maître : « Si Onésime a été éloigné de toi pendant quelque temps, c'est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu'un esclave, comme un frère bien-aimé. » Pour finir, Paul va encore plus loin : « Si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c'était moi. » Nous sommes parfois aussi comme Philémon dans notre manière de traiter les autres. Nous ne leur donnons même pas leur dignité de personne, leur dignité de personne créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Que nous enseignent cette lettre de Paul à Philémon ? Elle nous enseigne deux valeurs :

  1. ce que l'Eglise appelle « l'égale dignité des Baptisés ».
  2. l'importance du quotidien de nos vies, de nos situations concrètes. Il n’est pas question que « Chacun fasse ce qu'il veut de sa vie » comme on l’entend souvent dire. Bien au contraire, comme l’affirme Paul dans sa lettre, notre manière de mener notre vie doit constituer un tout : on n'est pas Chrétien à certaines heures seulement. On n’est pas à la fois ami de Dieu et ami du diable.

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Renouvellement voeux Maison Yves Plumey

Qu’est-ce que notre Seigneur Jésus veut nous enseigner aujourd’hui à travers cette parole : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. »? (Lc 14, 26) Est-ce une manière de nous inviter à haïr nos parents à cause de Lui ? Nous sommes là en face d’un propos dur et choquant si nous nous limitons uniquement au sens littéral de ce verset. Bien évidemment aussi ceux qui abandonnent leurs parents, leurs sœurs et frères les taxant de sorcier par exemple peuvent bien trouver leur compte leur indifférence vis-à-vis des membres de leurs familles dans ce verset. L’exhortation de Jésus au renoncement des liens familiaux, fut elle choquante, ne doit pas être sous-estimée ni comprise dans son sens littéral. Mais alors qu’elle est donc la meilleure compréhension des paroles de Jésus que St Luc reprend ici dans son évangile « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. »? (Lc 14, 26)? 

On comprend donc que Jésus nous exhorte non à haïr nos parents, mais plutôt à le préféré à nos parents, à nous fier plus à Jésus qu’à notre entourage. Et normalement par expérience on sait que plus on aime Jésus, plus on aime son prochain car l’amour de Jésus est comme un ressort qui nous pousse vers les hommes.

Provincial Raymond NaniChers frères consacrés, revenons tant soit peu sur le sens de préférer Jésus à ses parents. Je pense que si Jésus nous demande de l’aimer plus que nos parents, c’est pour nous libérer de l’amour humain (un amour exclusif et restrictif qui fait naître la jalousie, la suffisance, la convoitise, le désir d’apprivoiser l’autre au point d’en faire sa propriété privée, l’ivrognerie, d’hypocrisie, de semeur de division dans une communauté sereine, …) et nous introduire dans la logique de son amour (qui est un amour inclusif, universel, sans frontière, ouvert à tous, désintéressé, … Donc, aimer ses parents plus que Jésus, c’est aimer d’un amour restrictif, tribal. Par contre aimer Jésus plus que ses parents, c’est aimer tout le monde, y compris ses propres parents, d’un amour sincère et profond.

Jésus a laissé les foules le suivre sans se poser la moindre question, mais arrive le moment où, de ces foules, il veut faire des disciples. Ces hommes et ces femmes sont venus à lui sans trop savoir pourquoi. aujourd'hui, il les oblige à s'arrêter.

Dans toute démarche de croyant, vient le moment où il faudra prendre le temps de nous poser la question: " Suis-je prêt à suivre Jésus jusqu'au bout? Suis-je prêt à tout quitter pour le suivre? Suis-je prêt à le préférer à tout même " à mes proches, même à ma propre vie? devenir disciple de Jésus Christ c'est avoir pris le temps de répondre "oui" à cette question.

La croix est là; il y aurait péché à se boucher les yeux et à chercher un chemin où on pourrait l'éviter sans combattre. "celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple."

« Par les vœux, nous offrons tout notre être de chair au Christ envoyé dans le monde ». C’est à cette occasion avec tous vos frères que vous aller renouveler vos vœux pour une année dans les mains du Seigneur. Êtes-vous heureux de redire OUI et de poursuivre votre vie religieuse ? Chaque religieux est appelé à relire sa vie, à reconnaître ses fragilités mais également le travail que Dieu accompli, au travers de la vie communautaire et des diverses rencontres dans la vie.

Le chemin est long pour arriver à la perfection évangile mais c’est un appel à la conversion permanente et à l’accueil de l’Esprit Saint.

Est-ce que vous avez pu vous relire et méditer sur les promesses des vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et de persévérance que vous avez prononcé l’an dernier, dans la confiance et la liberté afin de poursuivre votre chemin dans le vie religieuse oblate ?

Une fois vos demandes formulées, vos formateurs se sont réunis pour discuter et discerner des possibilités de votre profession dans la vie religieuse et nous ont fait parvenir un rapport accompagné de vos demandes relatant ainsi le vécu de chacun d’entre vous. On n’est pas religieux seul et vos aînés dans la vie religieuse ont plus d’expérience que vous et ont été désignés pour vous accompagner et asseoir en vous les valeurs de notre charisme dans l’Eglise. Il revient à chacun de vous d’accepter de se laisser former, de se laisser modeler comme il le faut pour être utile à notre congrégation et à notre Eglise de demain.

Ainsi donc, faisant confiance à vos formateurs, le Provincial en conseil a accepté vos demandes. Par cette réponse favorable, vous avez été accepté une fois encore à poursuivre votre formation comme religieux au sein de notre institut.

Par ces renouvellements des vœux, Jésus vous demande un parfait renouvellement d’esprit et de cœur :

  1. Un renouvellement des vœux qui honore Dieu. Car renouveler ses vœux, c’est le premier sacrifice qu’on a fait de soi-même à Dieu. Combien Dieu est un bon maître, un maître digne de nos services.
  2. Un renouvellement des vœux qui nous sanctifie.
  3. Jésus est présent à ce renouvellement des vœux. C’est devant le sacrement de nos autels que se passe cette cérémonie. C’est donc en présence de Jésus-Christ sacrifié pour nous.
  4. Vous vous êtes préparés par la retraite et la pénitence.

Renouvelez-vous en esprit. Chers frères ce n'est pas Raymond qui vous le dit. Je m'appuie sur l'apôtre Paul dans sa lettre aux Ephésiens: « pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l'homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité.» (Ep 4, 23-24). Paul dans Ep4,1-3 nous dit ceci: «  [1] Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l'appel que vous avez reçu : [2] en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité ; [3] appliquez-vous à conserver l'unité de l'Esprit par ce lien qu'est la paix. »

Approchez-vous et présentez-vous à Dieu dans le même esprit que Marie, la reine de vierges, lorsqu’elle fit à Dieu la première oblation de sa personne. C’est votre Mère, patronne de notre congrégation : adressez-vous à cette mère si miséricordieuse et si tendre.

Que Notre saint Fondateur Eugène de Mazenod, nos bienheureux Joseph GERARD, Joseph CEBULA, les Martyrs oblats d'Espagne prient pour vous.

Raymond Nani Eucharistie Maison Yves Plumey Nativité Marie

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