Homélie


Bible ouverte

Père François Carpentier, omi
Père Gaby CRUGNOLA, omi
Père Martin KEDAH, omi
Père Edmond HINGBO, omi
Père Edmond HINGBO, omi

Homélie sur l'Immaculée Conception: 8 décembre 2014
(Père François CARPENTIER, omi)

François Carpentier

Mère du SourireDu jardin d’Eden de la Genèse à la cité de Dieu, la Jérusalem du Ciel, de l’Apocalypse, toute la destinée de l’humanité est accompagnée par la présence d’une Femme : annoncée dès le jardin de la Gn. et devenue signe grandiose de l’Eglise dans l’Ap.

Cette femme, c’est Marie. L’envoyé de Dieu l’appelle: «Comblée de grâce», c’est-à-dire que dès sa conception, cet enfant a été entourée de la tendresse bienveillante de Dieu. Car il a fait sur elle un rêve, un rêve qui concerne toute l’humanité. Comme dit St Paul, « nous sommes tous choisis dès avant la création du monde, tous comblés en son Fils Bien-Aimé pour  être dans l’Amour, saints et irréprochables sous son regard ».

La 1ère à avoir été comblée, à être devenue la plus sainte, la plus irréprochable, c’est Marie ! C’est elle qui peut le mieux nous aider à vivre notre vocation oblate et à accueillir le Sauveur dans nos vies. Nous le comprendrons mieux en cette année dédiée à La Vie consacrée.

1-Notre Père général nous écrit une longue lettre pour notre fête patronale.
Il nous souhaite une bonne fête à tous bien sûr. Mais l’essentiel de sa lettre porte sur le fait qu’ «En cette fête de l’Immaculée Conception, débute la 2ème année du Triennium oblat préparatif au 200ème anniversaire de la naissance de la Congrégation». Le Triennium, avec les moments de partage de foi que nous nous donnons et avec les signes de conversion qu’il produit en nous, doit «nous aider à ouvrir notre vie à la force transformante de la grâce.»
Cette 2ème année est centrée sur «Un Esprit nouveau : une Formation qui dure toute la vie ainsi que sur le vœu de Pauvreté».

Nous savons (C 47) que tous les Oblats sont appelés à se former pendant toute leur vie (et pas seulement pendant la formation première), sous la grâce de Dieu, pour grandir dans le mystère de la Personne de Jésus-Christ. Rien de plus essentiel, de plus fondamental, de plus vital, pour notre vie missionnaire de consacrés. En nous appelant à la conversion, l’Esprit-St nous conduit à être fidèles à notre vocation missionnaire.

Chapelle OMI Yaoundé

2-Et le Père général, qui voyage beaucoup, rencontre de nombreux oblats, entend de nombreuses confidences, affirme qu’ « en ce moment même de l’histoire de notre Congréga-tion, nous avons devant nous un triple choix : mourir, faire du sur-place, ou renaître ». Je reprends ses trois points.

1)   Mourir : En certains lieux, dit le Père général sans les nommer, mais on sait bien où les Oblats se font le plus vieillissants et où il n’y a plus de vocations, les Oblats ont déjà accepté la disparition de la Congrégation.
Bien sûr, il faut rendre grâce à Dieu pour la mission accomplie autrefois et pour le dynamisme qu’ont manifesté les missionnaires dans ces pays-là.

Cependant le Père général affirme fermement : Je n’accepte pas la ‘théorie de la mort ‘. Car L’Eglise a encore besoin d’hommes consacrés, qui vivent le charisme oblat ; et les pauvres, les plus abandonnés sont toujours là parmi nous qui ont besoin d’entendre l’Evangile.

Alors vous direz : «Mais, cela ne nous concerne pas ! Nous, nous sommes une Province jeune ! Et il y a des vocations chez nous ! Nous sommes là !» Détrompez-vous! On peut mourir jeunes ! hélas ! La société matérialiste dans laquelle nous vivons mange notre cœur, et nous expose à consommer toujours davantage des objets dont nous avons vraiment faim.  Nos besoins sont stimulés. Incapables de nous dominer, on croit se réaliser en les satisfaisant. Or on y perd son âme !

C’est pourquoi justement, la 2ème année de notre Triennium  est axée sur la pauvreté évangélique prophétique. Il faut absolument montrer de façon concrète que Dieu seul est notre trésor. L’évangélisation se fera, par le témoignage de notre vœu de pauvreté. D’ailleurs les gens qui ont vécu l’esprit de pauvreté ont toujours été des évangélisateurs et      des réformateurs dans l’Eglise ». Regardez St-François d’Assise, et notre Pape François qui nous martèle sans cesse : «Je veux une Eglise pauvre faite pour les pauvres !»

2) Le 2nd  choix, le plus facile, c’est de faire du surplace : on se relâche, on y va cool ! on stagne. C’est l’option du confort : on adopte l’esprit du monde, on garde le langage de la vie oblate bien sûr ! Mais sans le contenu missionnaire. Cette médiocrité attire des jeunes qui cherchent un refuge confortable, plutôt que de s’affronter aux difficultés de la vie réelle.

Dans une Province qui n’a plus d’engagement missionnaire commun bien articulé, adopté par tous ses membres, la mission stagne aussi bien sûr. Et il y a des signes que vous pouvez très bien repérer. Par exemple le manque d’élan missionnaire, ou l’individualisme qui grandit : chacun se fait son petit projet personnel, chacun recherche ses avantages personnels, se trouve des ressources personnelles : de l’argent… dont on ne rend pas compte… ou bien on cherche d’autres choses que la communauté ne peut pas nous donner.

Louis LouganEt le Père général montre ce qui caractérise une Unité relâchée, entre autres :
on renouvelle ses vœux, (ou on demande à faire ses vœux perpétuels) mais on ne vit pas ses vœux, on en donne aucun témoignage prophétique!
on tolère dans la Province des contre-témoignages scandaleux ;
la prière personnelle et communautaire disparaît; la méditation, l’oraison sautent ! Jésus Christ n’attire plus !
la vie de communauté se réduit à vivre comme dans un hôtel, chacun de son côté. Même les repas… L’Oblat ne se réfère qu’à lui-même, à la poursuite de ses projets personnels.
C’est très triste. L’appel à la conversion lancé par le Chapitre général de 2010, n’a pas été entendu, et certains Oblats, certaines Unités sont déjà entrés dans le relâchement et la mort, ou en prennent la direction, lentement mais sûrement. C’est dramatique !
Serait-ce le cas de notre Province? Ou de certains Oblats de notre Province ?
Face à cela : « Il faut sans cesse se rappeler les valeurs essentielles de la Vie Consacrée : Nos 4 vœux, la vie de prière, la vie en communauté apostolique. »

3) La 3ème et magnifique option: renaître dans le charisme oblat de St Eugène.
Nous laisser mener par l’Esprit-St qui conduit et transforme les Oblats et les Unités oblates,
Nous laisser mener par Lui vers une vie missionnaire, consacrée, fidèle au charisme, vers un témoignage prophétique de nos quatre vœux.
Et vivre une vie significative, une vie de communion fraternelle, une vie authentique de prière personnelle et communautaire.
L’appel à la Conversion du Chapitre de 2010, alors entendu, revivifie la Congrégation, nous pousse à vivre avec un cœur nouveau, dans un esprit nouveau. L’Esprit déverse sur nous le charisme de saint Eugène.  Et c’est pour devenir disponibles pour les missions les plus difficiles.
Voilà une lettre extraordinairement courageuse. Le Père général nous l’écrit pour notre fête. Elle nous interpelle. Nous aurons tous à la lire, à la relire, à la méditer, à la partager en équipe, en Communauté.

Prédication François Carpentier

Confions à Marie, la Mère des Oblats, cette 2ème année de notre Triennium. Le rêve de M.L.King. Le 1er à avoir fait un rêve pr notre humanité c’est Dieu lui-même. Toute l’humanité, surtout les + blessés, sont au centre de son attention et de sa compassion. Marie, petit reste d’un Israël opprimé, occupé par une nation étrangère, a cru en la force de la Parole.  Sa fête nous donne l’occasion de contempler la simplicité de son «Oui», son expérience d’humble servante toute donnée au projet d’Amour de Dieu.

scolastiques OMIChapelle Yves Plumey

Femme debout dans la Foi/traversée par l’espérance/qui a cru au rêve de Dieu, l’a porté et lui a donné vie. Marie peut nous aider à nous poser aujourd’hui cette Question: «est-ce que je crois au rêve de Dieu sur notre humanité? Est-ce que je le porte en moi comme une étincelle de lumière? Est-ce que je le communique? est-ce que je lui donne vie?
Si avec Marie, nous consentons à dire oui pour donner chair à ce rêve de Dieu, nous entrons dans le grand élan d’amour qui traverse notre monde, nous ravivons son espérance, nous mettons en œuvre le Magnificat: les petits reviennent sur le devant de la scène et le rêve de Dieu commence à devenir réalité».

Il  montre l’angoisse qui prend actuellement notre monde… à côté de la crise financière/économique,
                des guerres qui perdurent un peu partout, des catastrophes naturelles dont nous sommes parfois la cause.
« Mais dans cette nuit, surgissent des étincelles de lumière / qui  parlent d’amour.
                Elles disent que l’égoïsme n’est pas une fatalité, que nous sommes meilleurs que nous ne le croyons.
                Elles nous invitent à nous reconnaître frères et sœurs en humanité quelle que soit la couleur de notre peau.
Ces étincelles nombreuses éclatent là où on ne les attend pas et suscitent un élan d’espérance».
2 noms sont cités : Sr Emmanuelle, morte à 100 ans, « après une longue carrière d’enseignante, elle était allée vivre parmi les chiffonn du C. pour les aider à retrouver leur dignité en s’organisant eux-mêmes. »
                et Barak Obama qui, en sa personne même, appelle son peuple à poursuivre le rêve de M.L.King.
Je citerai volontiers une autre étincelle : Sr Célestine de Lara…preuve que nous pouvons nous-mêmes être étincelles.
Votre Chap. Gal dit que « Le 1er à avoir fait un rêve pour notre humanité a été Dieu lui-même ».
Toute l’humanité, surtout les + blessés d’entre nous, sont au centre de son attention et de sa compassion.
Marie, petit reste d’un Israël opprimé, occupé par une nation étrangère, a cru en la force de la Parole.
Sa fête ns donne l’occasion de contempler la simplicité de son «Oui»,
                 son expérience d’humble servante toute donnée au projet d’Amour de Dieu
Femme debout dans la Foi/traversée par l’espérance/qui a cru au rêve de Dieu, l’a porté et lui a donné vie.
Marie, commente votre Supérieur Général, peut nous aider à nous poser aujourd’hui cette Question:
« est-ce que je crois au rêve de Dieu sur notre humanité ? Est-ce que je le porte en moi comme une étincelle de lumière ? Est-ce que je le communique ? est-ce que je lui donne vie ?
Si avec Marie, nous consentons à dire oui pour donner chair à ce rêve de Dieu, nous entrons dans le grand élan d’amour qui traverse notre monde, nous ravivons son espérance. nous mettons en œuvre le Magnificat : les petits reviennent sur le devant de la scène et le rêve de Dieu commence à devenir réalité ».

scolastiques OMIChapelle Yves Plumey

2-Notre situation à nous OMI est différente : nous nous préparons à vivre notre 35ème Chap. Général.
Notre prière quotidienne nous fait demander à Dieu la grâce de retrouver en Jésus le centre de notre vie/mission
Pour trouver un nouveau style de vie qui nous permettra d’annoncer au monde d’aujourd’hui les valeurs du Royaume                 nous avons besoin d’une véritable conversion personnelle et communautaire.
Notre Sup. Gal dans sa méditation missionnaire pour le 8 déc. nous invite à contempler la beauté/sainteté de Marie
« Comblée de grâce » elle est devenue Mère de Dieu et Mère du Peuple de Dieu.
                Son exemple ns aide à recentrer nos vies sur le Christ.
                Elle nous fait découvrir ce qu’est la véritable sainteté :
                Elle-même n’aurait pas pu par ses seuls efforts atteindre la resplendissante sainteté nécessaire                   pour accomplir  la mission que Dieu lui confiait, c’est évident. Il a fallu une grâce spéciale !
                La grâce de sa conception immaculée.
                elle est devenue la Mère du Messie seulement grâce au choix de Dieu.
Tant que ns verrons la sainteté comme le résultat de nos efforts personnels,
                comme quelque chose à conquérir par notre travail, aussi dur soit-il, nous faisons fausse route.
Il me semble que le passage des reliques de Sainte Thérèse a dû déjà nous inviter à nous abandonner   avec confiance à la toute puissance de l’Amour miséricordieux de Jésus.
En Marie, la comblée de grâce, quelque chose devient clair : tout est grâce !
                C’est le choix de Dieu qui a fait de Marie ce qu’elle a été.
                C’est le choix de Dieu qui fait de nous ce que nous sommes.
                Ce que les OMI ont pu accomplir ici au Nord est dû exclusivement à la grâce de Dieu.
St-Paul est clair : Dans le Christ, dès avant la création du Monde, nous avons été choisis.
Là est l’essentiel de la sainteté : savoir qu’on est choisi et saisir cette chance !
Comme Marie : la mission unique pour laquelle elle a été choisie, a requis une sainteté unique.
                Ayant compris la parole de l’Ange, elle s’est exclamée :
                « Le Seigneur fit pour moi des merveilles. St est son Nom ! »
Chacun de nous, pour sa vocation comme pour le travail missionnaire accompli doit pouvoir dire la même chose.

Quand on a pris conscience de cela pour soi, on peut le transposer sur nos frères et sœurs en Communauté :
                Eux aussi ont été aimés, choisis ; eux aussi ont reçu la faveur de Dieu.
La vie en Communauté doit nous permettre de nous donner les uns aux autres l’aide dont nous avons besoin  pour accueillir le niveau de Sainteté requis par notre mission.
                Le laïc selon sa vocation ; le frère selon sa vocation, le prêtre selon sa vocation.
                Que chacun soit heureux de sa vocation et dans sa mission et fier de sa différence.
Que nous sachions aussi rendre grâce pour les merveilles que le Seigneur a accomplies dans le Nord
                à la suite de notre engagement missionnaire.
Et rendre grâce aussi pour les vocations qu’Il nous donne. Dieu continue d’appeler en Jésus Christ.
                Faisons confiance aux choix de Dieu. Le monde ne croulera pas après nous !
                « Rien n’est impossible à Dieu ! »

Bannière lancement Triennium oblat Douala

Haut


Homélie 2e Dimanche de Carême: la Transfiguration
(Père Gaby CRUGNOLA, omi)

Dimanche dernier, premier dimanche de carême, Jésus partait seul au désert. Les évangélistes ont observé que Jésus avait l’habitude de se retirer dans un endroit désert, tranquille, loin des gens pour prier son Père. Luc souligne que les grands événements de la vie publique de Jésus naissent de sa prière, sortent de sa prière ! C’est dans ce moment de prière avec son Père, que Satan se présente à Gaby CrugnolaLui pour Lui proposer un autre programme, une autre manière d’accomplir le projet  du Père, non pas avec amour et obéissance, mais avec intérêt, puissance, orgueil !

Aujourd’hui, Jésus monte sur une montagne, loin des gens, avec 3 disciples : Pierre, Jacques et Jean, qui seront les seuls témoins de ce qui arrive dans ce lieu désert. Ce sont les disciples qui ont été appelés en premier, ce sont les témoins de la résurrection de la fille de Jaïr. Ce sont ceux que Jésus prendra avec lui au jardin de Gethsémani, à l’heure de la lutte finale avec Satan. Ils verront Jésus dans son agonie défiguré par l’angoisse et la peur. Ils verront aussi Jésus déterminé et décidé leur dire : «  allons l’heure est venue ». mais eux fuiront !

Sur la montagne, pendant sa prière, le corps de Jésus se transforme. Son visage et tout son corps avec  ses vêtements deviennent lumineux. Jésus reste dans son corps humain, mais laisse pendant un instant l’éclat de sa divinité imprégner son corps. Moïse et Elie apparaissent à côté de Jésus et se parlent. La voix du Père, présente dans la nuée proclame : «  celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le »

Dieu le Père s’adresse aux trois disciples en leur montrant Jésus comme sa Parole. Jésus est la Parole de Dieu avec Moïse : la Loi et Elie : les prophètes. Les trois sont inséparables. Ce sont les 3 qui constituent les Saintes Ecritures, parce que Jésus en accomplissant la Loi et les prophètes, est l’Unique Parole. C’est Lui la Parole de Dieu devenue homme.

Origène écrit : « Moïse (la Loi) et Elie (les prophètes) étaient devenus une seule et même chose avec Jésus, c’est à dire l’Evangile…Tu veux voir que Moïse est toujours avec Jésus, que la Loi est toujours avec l’Evangile ? L’Evangile va te renseigner : quand Jésus fut transfiguré en gloire, Moïse et Elie apparurent avec Lui, en gloire eux aussi. Sache donc que la Loi, les Prophètes et l’Evangile se rencontrent toujours pour demeurer dans l’unique Gloire. Et si Pierre veut faire trois tentes, il se fait dire qu’il ne comprend rien à ce qui se passe. Car la Loi, les Prophètes et l’Evangile n’habitent pas trois tentes mais une seule, qui est l’Eglise de Dieu ».  C’est l’Eglise qui garde les Saintes Ecritures. C’est en Eglise, pendant l’Eucharistie, que la Parole de Dieu est proclamée et écoutée. C’est en Eglise que les chrétiens et chrétiennes lisent et méditent la Parole de Dieu.

Ecoutez-le » ! Ecouter ! C’est le grand commandement qui est adressé à Israël   dans Dt ch.6, 4   « Ecoute Israël : Yahvé notre Dieu est le seul Dieu. Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que les paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur et tu les répéteras à tes enfants… ». C’est la mission qui est donnée à Israël : être le peuple de Dieu au milieu des nations qui écoute et aime Dieu. Nous formateurs, éducateurs et parents, ce commandement est la base de notre mission. Nous pouvons personnaliser ce commandement et entendre Dieu nous dire à chacun et chacune : « écoute mon Fils ma Parole. Crois que Moi Dieu je suis l’origine de la vie de vos enfants et de vos jeunes. Crois que Moi Dieu je suis à l’origine de leur vie humaine, chrétienne, religieuse, missionnaire. Aimes moi et aimes les ; respectes le projet que j’ai sur eux. Et transmets-leurs tout cela pour qu’ils puissent eux aussi transmettre cela à leurs enfants » 

Ecouter, croire, obéir et aimer sont 4 termes qui dans la Bible signifient la même attitude de l’homme qui s’adresse à son Dieu créateur et sauveur par les 4 cordes de son unique guitare qui est son cœur ! Souvent les parents disent de leur enfant : «  il est têtu, il n’écoute pas » ! C’est à dire : il entend bien ce que nous lui disons, mais il ne bouge pas, il ne fait rien, il n’obéit pas. En conclusion il ne nous aime pas ! Aujourd’hui Dieu le Père dit de son Fils : c’est mon Fils bien-aimé, en lui je mets tout mon amour, plaisir… Jésus disait souvent à ses disciples : «  tout ce que mon Père me dit, je le fais… »

Pendant ce temps de carême, donnons-nous des lieux et des moments pour écouter la Parole de Dieu. Moïse était un homme très actif. Mais on lit dans le livre de l’Exode ch.33, qu’il s’était fait construire une tente portable et qu’à chaque étape de son exode, il la faisait fixer à l’extérieur du campement. Il se retirait régulièrement dans sa tente pour consulter le Seigneur. Là dans la tente le Seigneur parlait à Moïse «  face à face », comme on parle d’homme à homme ».

Ecouter Dieu et voir Dieu face à face ne s’oppose pas. C’est comme le désir de deux personnes qui s’aiment, qui se parlent au téléphone et qui désirent en même temps se voir, se regarder.

L’expérience nous apprend que lorsque nous prenons un moment de silence, de recueillement, de solitude, pour écouter et méditer, la télévision intérieure de notre imagination projette une multitude d’images que nous avons captées et enregistrées. Elles nous dérangent et nous empêchent d’être présents à Dieu, à nous-mêmes et aux autres. Aujourd’hui, le jeûne des images est plus nécessaire que le jeûne de la nourriture et de la boisson. Nous sommes devenus des mangeurs d’images. A travers la télévision, la presse, la publicité, nous laissons entrer à flots les images en nous. Beaucoup de ces images sont malsaines, violentes et provocantes. Elles excitent les pires instincts qui sont en nous. Elles sont confectionnées pour nous séduire. Le plus grave est qu’elles nous donnent une fausse idée de la vie, en nous faisant croire que la vie offre tout ce que la publicité nous présente. Si nous ne créons pas un filtre, une barrière, nous réduisons très vite notre imagination et notre âme à une poubelle. Les mauvaises images, arrivées en nous, ne meurent pas. Elles ne sont pas biodégradables ! Mais elles fermentent. Elles se transforment en  nous poussons à imiter et conditionnent notre liberté intérieure et nos relations avec les autres.

Moïse avait une tente portative qu’il installait hors du campement pour écouter et parler à Dieu. Chacun et chacune de nous a une tente portative c’est son cœur. Dans la Bible et dans le langage humain, le cœur  est l’endroit le plus intime où chacun et chacune de nous entre en relation avec Dieu, avec soi-même, avec les autres et avec la création. C’est l’endroit spirituel fondement de notre dignité et de notre liberté.

Le carême est le temps que Dieu nous donne, pour revenir en nous, dans notre cœur. Avec la Parole de Dieu et par des actes d’amour, de pardon, de réconciliation écoutons Dieu nous dire : «  tu es mon fils bien-aimé, tu es ma fille bien aimée…

Haut


Martin Kedah
www.youtube.com/user/toukoua54 - Chaîne YouTube du Père Martin KEDAH, OMI. (VIDEOS) Dans le contexte de la «Nouvelle Evangélisation», Martin, jeune oblat de Marie Immaculée, originaire de la Province du Cameroun, missionnaire en France, s’engage à faire connaître le Christ et son Evangile dans le 6ème continent qu'est le Web, le continent digital.

Haut


Dimanche des rameaux : Jésus se fait âne !
(Père Edmond HINGBO, omi)

L'animal âne

Au terme du Carême, nous entrons dans la Semaine Sainte, temps qui nous fera balader, à travers les ténèbres de la Passion du Christ, jusqu’à la pleine lumière de sa Résurrection. On ne le rappellera jamais assez que nos efforts de pénitence consentis durant ce temps de carême convergent dans ces jours, à notre pleine volonté de suivre Jésus, qui, bien que seul, va accomplir le grand passage. Il est question du passage qui nous ouvre une brèche dans le mur de la haine et de la mort qui nous sépare de Dieu pour nous unir définitivement à Lui dans l’Amour et la Vie.

Revenons à la symbolique de l’âne. Pourquoi Jésus a préféré l’âne pour entrer à Jérusalem ? Quel enseignement veut-il nous donner à travers cet animal qui à mon avis est le plus exploité par l’homme ? Par nos balbutiements, essayons de donner une explication à ce fait.

L'âne au service de l'hommeTout d’abord, il n’est pas superflu de souligner que l’âne est un animal de service et de pouvoir. Et le choix de Jésus pour l’âne répond bien à la prophétie de Zacharie « Exulte avec force, fille de Sion ! Crie de joie, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne… Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer à la mer et du fleuve aux extrémités de la terre » (Zacharie 9, 9). Ceci montre bien le caractère personnel de Jésus un roi pas comme les autres. Il est tout différent ! Il est juste et victorieux, son moyen de déplacement n’est pas imposant : c’est l’âne, signe d’un non combattant, d’un non conquérant mais d’un semeur de paix.

L'âne au travailAinsi donc, conscient de cette différence, Jésus sera désigné par Pilate comme « le roi des Juifs » (Jean 19, 14.19) ; celui qui est venu dans ce monde pour servir les hommes ses frères (Matthieu 20, 28 ; Marc 10, 45) pas pour combattre ses frères ou encore les exploiter mais pour se mettre totalement à leur service. C’est pourquoi faisant la différence, Jésus oriente son choix dans cet animal qui est l’âne, signe de royauté et de simplicité, signe le pouvoir et le service, valeurs qui lui sont étroitement unies.

Cependant, comprenons donc qu’aujourd’hui, comme au temps de Jésus, l’âne est l’animal qui subit des coups et effectue les travaux les plus durs : travaux champêtres, transport des récoltes, transport d’homme, transport des marchandises, transport d’eau, etc. et malgré tout le service que l’âne rend à l’homme, la seule récompense qu’il obtient de l’homme, c’est le fouet. Pour dire, tu n’as encore rien fait ! 

Ainsi, nous pouvons dire que Jésus a choisi l’âne pour nous dire que lui-même est âne. Pourquoi cela ? Il suffit de revenir sur tout ce qu’il a vécu pendant sa passion. N’a-t-il pas porté lui-même sa propre croix sur son épaule comme si on chargeait un fardeau sur le dos de l’âne et qu’on accompagne L'homme sur l'ânepar le fouet? Et Jésus sur la route du Calvaire, n’a-t-il pas été blessé comme l’âne par le fouet,  abattu par le poids de sa croix et de la méchanceté humaine, la longue route plein de pierres qui l’ont déchiré les plantes des pieds et la soif du chemin, les moqueries et l’absence des amis, etc. Malgré toutes ces humiliations, Jésus marchera humblement, courageusement et sans discuter jusqu’au Calvaire. Comme dans les plaies de l’âne, on trouve le courage de poursuivre la route malgré la douleur ; les plaies de Jésus deviennent signe de foi. L’on peut bien comprendre cette image avec la résurrection lorsque Jésus se montre à ses disciples en invitant Thomas  à toucher ses plaies, d’où la grande surprise et la profession de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20, 28). Par tes saintes plaies je crois et je confirme que c’est bien Toi qui est là devant moi et par ma foi je témoigne que tu es vraiment le Fils de Dieu venu nous sauver de tout péché à travers la souffrance que tu as endurée.

Prions pour que nos diverses blessures, loin de nous pousser au découragement, à l’abandon, puissent nous pousser à plus d’engagement, de courage et d’abandon au Seigneur notre Dieu.

Père Edmond HINGBO, omi

Haut


«Jésus se mit à écrire avec son doigt sur le sol» (Jean 8, 6b)
(Père Edmond HINGBO, omi)

Edmond HINGBO, OMIL’évangile du cinquième dimanche de temps de carême année “C“ m’a donné de la matière à méditer sur l’attitude de Jésus : « Jésus se mit à écrire avec son doigt sur le sol » (Jean 8, 6b) alors qu’on vient de lui exposer un problème qui risque de coûter la vie à une femme. Est-ce un désintéressement ? Est-ce la honte de parler de ces choses là publiquement ?

S’il faut le rappeler, la scène commence lorsque les pharisiens et les publicains molestent et accusent cette femme surprise en train de commettre l’adultère. Faute grave condamnée dans la loi de Moïse et dont les pharisiens et les publicains soulignent par cette note que la femme a été surprise en “flagrant délit d’adultère“  (Cf. Jean 8, 4-5). Une manière de dire qu’il n'y a pas moyen de cacher la faute, de la sauver car son péché est spectaculaire, connu de tous et que le seul moyen est de procéder à la purification de la nation en versant le sang de cette pécheresse. Mais en demandant à Jésus sa position par rapport à celle de Moïse qui stipulait que :

« Si l'on prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, ils mourront tous les deux, l'homme qui a couché avec la femme, et la femme elle-même. Tu ôteras le mal d'Israël.
Si une jeune fille vierge est fiancée à un homme, et qu'un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous les deux à la porte de cette ville, vous les lapiderez et ils mourront : la jeune fille, du fait qu'étant dans la ville, elle n'a pas crié au secours ; et l'homme, du fait qu'il a possédé la femme de son prochain. Tu ôteras le mal du milieu de toi.
Si c'est dans les champs que l'homme rencontre la jeune fiancée, la saisit et couche avec elle, l'homme qui a couché avec elle sera le seul à mourir ; la jeune fille, tu ne lui feras rien, elle n'a pas commis de péché qui mérite la mort. Le cas est le même que si un homme se jette sur son prochain et l'assassine : c'est dans les champs qu'il l'a rencontrée ; la jeune fiancée a crié, et personne n'est venu à son secours.
Si un homme rencontre une jeune fille vierge qui n'est pas fiancée, s'en empare et couche avec elle, et qu'on les prend sur le fait,… » (Cf. Deutéronome 22, 22-28).

On comprend donc que l’adultère est un fléau condamné dans la loi de Moïse. Mais devant ce fait, Jésus pose seulement une seule question qui fait évanouir toutes les ambitions de méchanceté et de rigidité de la loi envers cette pauvre femme pour faire prendre conscience aux accusateurs de la femme, leur propre infirmité.

Ainsi, Jésus se dresse contre une loi humaine entachée, colorée, teintée de sentimentalisme et de favoritisme. L’on peut aussi remarquer dans cet évangile que malgré leur connaissance de la loi, les scribes et les pharisiens ne font pas mention de l’homme avec qui, la femme a été  surprise en “flagrant délit d’adultère“.  Les scribes et les pharisiens accusent uniquement la femme. On sent un parti pris dans le jugement, donc une certaine partialité. C’est pourquoi Jésus ne tombe pas dans ce piège. Il renvoie chaque accusateur à sa propre conscience : « Que celui qui n’a pas péché soit le premier à lui jeter la pierre » (Jean 8,7).

A ces mots, « Jésus se mit à écrire avec son doigt sur le sol » (Jean 8, 6b). Qu’écrivait-il ? Prenons le risque de donner une tentative de réponse à partir des Ecritures.

De prime à bord, il [faut] reconnaître que les gestes de Jésus sont toujours pleins de sens. Il ne fait rien au hasard. Jésus a toujours un enseignement qu’il souhaite transmettre dans tel ou tel geste qu’il pose.

Cependant, si nous nous référons au livre de Jérémie, l’on peut comprendre que Jésus écrivait les noms des accusateurs de la femme. C’est un geste prophétique exprimé dans le livre de Jérémie : « Espoir d’Israël, Yahvé, tous ceux qui t’abandonnent seront honteux, ceux qui se détournent de toi seront inscrits dans la terre, car ils ont abandonné la source d’eaux vives, Yahvé » (Jérémie 17, 13). Et dans le Psaume 69, 29 : le psalmiste n’hésite pas à souligner « qu’ils soient rayés du livre de vie, retranchés du compte des justes » celui qui pratique l’injustice.

Nous sommes donc invités à comprendre que ceux qui jugent, ceux qui condamnent, ceux qui oppriment autrui verront, leurs noms seront inscrit non dans le livre de vie (Cf. Apocalypse 3, 5 ; 13, 8 ; 21, 27) mais dans la terre (Cf. Jérémie 17, 13). Donc susceptible de disparaître, d’être effacé. Et la leçon que Jésus veut nous transmettre dans cette page d’évangile, c’est la valeur de la miséricorde. Ainsi comme dans le principe de la justice qui consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû, à la lumière de cet évangile, nous sommes appelés à rendre au pécheur la miséricorde ; à la victime : la guérison, la force, la consolation.

Par ailleurs, cette page d’évangile voudrait nous montrer que la miséricorde est une stratégie de la pédagogie divine que Dieu utilise pour nous stimuler à la conversion. Car celui qui bénéficie de la miséricorde se sent aimé, rassuré, responsabilisé face à son destin. Disons donc la miséricorde est une chance que Dieu nous accorde pour soigner nos relations avec le prochain et avec Dieu. C’est la raison pour laquelle, Jésus en pardonnant à la femme adultère ne l’encense pas en disant courage femme va de l’avant dans ta manière de te comporter mais il lui dit : « Va, désormais ne pèche plus » (Cf. Jean 8 ; 11) ou encore, ne sois plus occasion de péché pour ton semblable.

Père Edmond HINGBO, omi

Haut

© Août 2012 Omicameroun.com: Site officiel des missionnaires O.M.I. - Province du Cameroun - Webmaster Contact