Partage sur le décès de mon grand frère
Godfrey NYIOR

(Frère scolastique Pius NYIOR, omi)

Nyior PiusMes vacances dernières [2013] sont marquées par les moments de joie mais aussi de tristesse. J’aimerais dans ce présent partage vous faire part de la partie douloureuse de mes vacances. Il s’agit de vous donner un témoignage sur mon grand frère qui venait de décéder, Godfrey Nyior. Ce partage qui veut être un témoignage sur mon grand frère décédé va s’articuler autour de cinq points :

Son lien familial

Godfrey est né en 1949. Il occupait la deuxième position d’une famille polygame de douze enfants. Chrétien baptisé dans l’église catholique, Godfrey avait cinq femmes dont une est décédée, des épouses non reconnues de l’église. Il avait treize enfants et vingt-huit petits-enfants.

Sa profession

Après trente ans de service comme enseignant au  lycée, il reçoit sa retraite ; il fut l’un des grands proviseurs connu du lycée où il enseignait. En plus de l’enseignement il fut cultivateur et exerça un temps le métier de charpentier. Je me rappelle qu’il avait fabriqué une voiture en bois pour ses enfants.

La cause de sa mort

Godfrey souffrait de la tuberculose osseuse (tuberculoses of the spinal cord). Il a passé plus d’une année sur son lit de souffrance. Toute tentative de le sauver était en vain. Concernant la durée de cette maladie, Godfrey l’a trouvée belle car il me disait : « j’ai eu le temps de me repentir de mes péchés, et l’occasion de demander pardon à tous ceux que j’ai offensés ». Et à l’aide de ma grande sœur religieuse, il a pu avoir un prêtre pour l’accompagnement des malades. Godfrey attendait la mort impatiemment sur son lit de souffrance. Il ne pouvait ni manger ni dormir pendant plusieurs mois. Il ne prenait que du liquide. Ça ! C’est un miracle. Un autre miracle est que lorsqu’il parlait, quelqu’un qui ne le voit pas ne pouvait savoir qu’il était souffrant.

Son caractère

Godfrey était un homme très éveillé. Il aimait les choses qui animent. Il aimait toujours l’enfilage. Il aimait être conseillé par les gens. Etant donné que notre père était décédé tôt, Godfrey prit automatiquement le titre du père, tout le monde l’appelait papa ou papa G.V. (l’abréviation de ses noms). Il aimait lire les bouquins. Il aimait beaucoup s’amuser avec les enfants en jouant de sa guitare traditionnelle. En outre, Godfrey aimait beaucoup les blagues et les chants. C’est ce dernier caractère qui a marqué mon dernier moment avec lui.

Mon dernier moment avec Godfrey

Il me disait : « C’est la solitude, les gens sont fatigués de rester à mon côté, mais je les comprends (car ils ont aussi d’autres occupations), pas de guérison ni de mort seulement la douleur jour et nuit ». Je venais donc de temps en temps rester et prier avec lui. Je disais tantôt  que c’est son caractère d’aimer chanter qui a marqué mon dernier moment avec lui. Deux jours avant que je ne quitte pour repartir au Cameroun, je suis parti chez lui la nuit, il me demanda si j’avais des chants en latin pour mettre dans sa carte mémoire. Eh bien il commença à chanter le credo avec l’ancienne mélodie de son temps. Après il rit et il dit oh ! Quand eux ils chantaient et faisaient sortir la basse la terre tremblait. Et il m’a demandé si je pouvais lui offrir un carnet de chants. Je le lui ai offert avec joie. Pour moi il a professé sa foi avant de mourir. Il mourra quatre jours après mon départ pour le Cameroun.

Au nom de tous les miens, je remercie toute la communauté [Maison Yves Plumey] pour cette aimable attention envers ma famille. Toute une journée de prière pour son repos éternel, les condoléances de ses membres, des signes de sympathie et d’amitié, autant d’éléments ou mieux de belles choses qui me donnent la joie et la fierté d’être Oblat.

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