Yaoundé, agression en plein jour

(Frère scolastique  VAILAM OUIN Gilbert, omi)

Responsable du jardin de la Maison Yves Plumey de Yaoundé, le Frère scolastique  Gilbert  VAÏLAM, OMI tchadien, est en troisième année de philosophie. Le mercredi 16 octobre 2013, sa responsabilité l'a conduit d'aller au marché de Mfoundi pour acheter quelques semences pour le jardin. Il raconte sur cette page sa mésaventure d’agression survenue en plein jour et en pleine ville camerounaise. [omicameroun]

Le récit

Gilbert VailamIl était environ 16h00, ce mercredi 16 octobre 2013, lorsque je suis descendu  du taxi au marché dit Mokolo (en bas) en provenance de la Poste centrale, plus précisément du marché de Mfoundi où je suis parti pour l’achat des semences de carottes pour notre jardin de Yves Plumey. Je ne m’attendais pas à une mésaventure, comme cela arrive souvent à beaucoup de gens. Mais héls, quelle mauvaise surprise !

En effet, à la descente du taxi, le conducteur de taxi dit aux passagers : il faut laisser descendre ce Camerounais. J’ai réagi disant : non, je ne suis pas Camerounais. En quittant le taxi à 10 m environ, pour traverser la grande route et arriver à l’Agence Usine des eaux où je devais prendre mon taxi de retour en communauté (Nkolbisson), je me suis trouvé entouré par cinq jeunes hommes costauds et géants. L’un d’eux m’a dit : « Hé ! Tu ne sais pas que les gens ne passent pas par ici » tout en pointant son doit au sol. Regardant au sol et ne voyant rien, je  lui ai répondu : oui ! Il y a quoi ? Il m’a demandé de dire « pardon » avant de passer. J’ai dit : pardon. Comme si cela ne suffisait pas ! Un autre s’est approché, il m’a intimé, avec l’index, l’ordre de dire « pardon » avant de passer. Je lui ai dit : pardon, je m’excuse. Un autre encore m’a interrogé en ces termes : « tu n’es pas Camerounais, non ?» J’ai répondu : oui, je suis Camerounais. Puis, il a exigé que je montre ma carte d’identité si je suis réellement Camerounais. J’ai refusé de la lui montrer tout en insistant que je suis Camerounais. Soudain, un autre jeune homme qui, probablement, était de leur cercle est passé devant nous en exhibant sa carte et ils l’ont laissé  passer. 

Voyant cela, puisqu’ils continuaient à insister, je leur ai montré ma carte d’identité enfermée dans mon porte-monnaie. Dès qu’ils l’ont vu, l’un d’eux a bondi sur le porte-monnaie pour l’arracher de ma main. Nous nous sommes mis à le tirer, l’agresseur et moi, chacun de son côté. Comme il me dépassait en force  physique, il me l’a arraché avant d’exiger que je dise combien d’argent j’avais dans le porte-monnaie. A partir de ce moment-là, comprenant que la situation était grave, « le cœur me bondissait d'inquiétude et de colère. » J’ai refuse de leur dire le montant.

Papayer du CamerounOr, il y avait dans ce porte-monnaie, ma carte d’identité nationale tchadienne, ma carte de séjour du Cameroun et une somme de quatre mille (4.000) francs CFA. Sans trop discuter, celui qui détenait le porte-monnaie ravi l’a ouvert ; il a retiré les 4.000 francs CFA, puis il m’a jeté mon porte-monnaie qui ne contenait plus que mes deux cartes froissées. Ayant atteint leur objectif, ils sont entrés dans la foule tout en m’interdisant de continuer de fixer mon regard sur eux !

Chose étrange, beaucoup de gens passaient à cet endroit d’agression car il y a un « call-boxeur ». Mais face à la menace dont j’étais victime, seul devant mes agresseurs, personne ne pouvait oser me venir en aide ! Pire encore, à 50 m environ dudit endroit, je me suis confié à un gendarme afin qu’il mette la main sur les bandits. Au lieu de cela, le gendarme m’a envoyé chercher la police qui se trouvait à 500 m environ du lieu de l’agression. Ce serait en vain. Ainsi, ne pouvant trouver de secours nulle part, je me suis mis à rechercher  mes agresseurs, mais il y avait foule immense et c’était trop tard. Je ne pouvais rien faire pour les inquiéter même si je les avais retrouvés.

Comment regagner la maison ? Heureusement, j’avais une pièce de 500 francs CFA dans mon petit sac que les bandits n’ont pas touché. Cette petite pièce me servira pour rentrer en communauté. Le petit sac ne contenait que les semences de carottes, mon carnet de notes, la pièce de 500 francs CFA et mon petit chapelet que je porte toujours avec moi.

Je rends grâce à Dieu d’avoir protégé ma vie et de m’avoir écarté de la violence que je pouvais utiliser et qui pouvait s’achever par une perte de vie humaine. Je rends également grâce à Dieu parce que mes pièces d’identité n’ont pas été déchirées, ce qui me permet de continuer paisiblement mon séjour missionnaire au Cameroun.

Quelques images du jardin

Scolastiques OMI au jardin Yves Plumey

Gilbert Vailam Jardin Yves PlumeyJardinier Gilbert Vailam

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